Vendredi 18 décembre 2009
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Illustration en vidéo ci-contre merci à Dagrouik
Paris, le 18 décembre 2009 – Il y a trois ans jour pour jour, le candidat Nicolas Sarkozy prenait à Charleville-Mézières l'engagement qu’il n’y aurait plus aucun sans abri en France deux ans
après son élection. Alors que nous sommes déjà à mi-mandat, la mairie de Paris est contrainte d’ouvrir de nouvelles structures d'accueil d'urgence pour protéger les plus démunis. Il est révoltant
de constater que cette promesse électorale rejoint la longue liste des engagements non tenus.
Dans les périodes de grand froid comme celle que nous connaissons depuis le début de la semaine,
municipalités et associations sont obligées de prendre le relais d’un État défaillant et de mettre en œuvre des mesures de fortune. Depuis lundi, 85 nouvelles places d'hébergement d'urgence
viennent d'être ouvertes à Paris. Avec la salle de la mairie du 4e, le gymnase Lancette dans le 12e et le gymnase Mougeotte dans le 14e, ce sont donc 175 places qui sont à la disposition de ceux
qui sont menacés par le froid, pour une région qui accueille à elle seule 2/3 des sans abris.
Cependant, l’ouverture en urgence de structures d'accueil précaires ne peut être considérée comme une
solution à la hauteur du problème. D'autant que la seule réponse du gouvernement est, comme d'habitude, de l'ordre de la communication. La campagne « Plan Grand Froid » qui vient d'être lancée ne
réussit pas à masquer son absence complète d'ambition et de moyens pour éradiquer sur le long terme l'extrême pauvreté, dont l'intensité s'aggrave selon l'ONPES.
CAP21 Paris rappelle le président de la République à ses promesses électorales et à ses obligations
morales et sociales envers les plus démunis. Il est indécent de voir s'alourdir chaque hiver, en période de fêtes, le nombre des décès de ceux qui n'ont pas eu la chance d'avoir un toit, alors
même que la Fondation Abbé Pierre estime aujourd'hui à 100 000 personnes le nombre de SDF et que, selon un sondage CSA pour l'association Emmaüs, 56 % des Français pensent qu'ils pourraient
devenir un jour SDF.